On l'appelle la DITH, pour demande d'information thermique. C'est le formulaire que les Services industriels de Genève mettent à disposition pour savoir si votre bâtiment est concerné par un réseau thermique. Ce n'est pas une formalité imposée par la loi : c'est un outil qui répond. Voici qui peut le remplir, ce qu'il demande, ce qui revient, et où il se place dans votre calendrier.
D'abord, ce que ce n'est pas
Le règlement de raccordement des Services industriels a été adopté le 19 décembre 2023. Il a été lu intégralement : ni le sigle DITH, ni l'expression « demande d'information thermique », ni la notion de zone d'influence n'y figurent. Autrement dit, rien ne rend cette demande obligatoire. Ce n'est pas une pièce réglementée, ce n'est pas une autorisation, et personne ne vous sanctionnera de ne pas l'avoir déposée.
L'acte qui engage, lui, est ailleurs : c'est la requête écrite de raccordement, à laquelle l'exploitant répond par une offre de raccordement. Cette offre est une décision administrative, et sa signature vaut acceptation de toutes les dispositions réglementaires. C'est à ce moment-là qu'on s'engage, pas avant.
Pourquoi alors déposer une demande d'information ? Parce qu'elle est le seul moyen simple d'obtenir une réponse écrite pour votre adresse, là où la carte du canton ne donne qu'une intention de planification. Elle transforme une couleur sur une carte en une réponse que vous pouvez montrer à votre installateur, à votre régie ou à votre assemblée.
Qui la dépose
Elle ne se limite pas au propriétaire. Le formulaire en ligne accepte plusieurs qualités de demandeur : propriétaire, régie, architecte, bureau d'études, prestataire chauffage-ventilation-climatisation, ou autre. Un mandataire peut donc la déposer pour vous — c'est utile quand la décision passe par une régie ou par un syndic.
Le formulaire demande vos coordonnées et celles du propriétaire, et il vous fait indiquer si une entité a été mandatée. Préparez-les avant d'ouvrir la page, cela vous évitera de le remplir deux fois.
Ce que le formulaire vous demande
Il se déroule en quatre étapes : les coordonnées, les spécifications de fluides, un commentaire libre, puis la validation. Il distingue par ailleurs les demandes situées en zone de réseau thermique structurant de celles qui sont hors zone — donc regardez la carte du canton avant, ne serait-ce que pour savoir dans quelle branche vous vous trouvez. La marche à suivre est décrite dans notre guide sur la zone de réseau thermique.
L'étape des fluides est celle qui bloque le plus souvent un propriétaire seul. Ayez sous la main : ce que fait votre installation actuelle (chauffage seul, ou chauffage et eau chaude), la puissance de la chaudière en place, et le nombre de logements desservis. Si vous ne les avez pas, votre chauffagiste les lit sur la plaque signalétique en deux minutes.
Ce que vous recevez, et quand
La réponse arrive par courriel. Le canton annonce un délai de 30 jours au maximum. Ce délai vient de la communication cantonale, pas d'un texte réglementaire : traitez-le comme un ordre de grandeur fiable, pas comme un droit opposable.
Ce que la réponse ne vous donnera pas : une garantie de raccordement. Le règlement de l'exploitant prévoit deux cas de refus — une demande qui impliquerait une extension du réseau contraire aux principes de proportionnalité et d'intérêt public, et une demande qui pourrait déséquilibrer le réseau. Dans le premier cas, l'acceptation peut aussi être subordonnée au versement d'une contribution aux frais d'extension.
Autre point à connaître avant de recevoir la réponse : c'est vous qui restez chargé d'obtenir toutes les autorisations officielles nécessaires. Le raccordement à un réseau ne dispense d'aucune démarche administrative.
Pourquoi ces 30 jours s'ajoutent à tout le reste
C'est le vrai enjeu du sujet, et c'est un enjeu de calendrier, pas de droit. Ces 30 jours ne remplacent aucun autre délai : ils viennent devant. Mis bout à bout, un projet genevois empile facilement :
- l'attente de la réponse à la demande d'information ;
- le délai de la procédure d'autorisation, quand elle est nécessaire — un mois en procédure accélérée, deux mois en procédure ordinaire ;
- l'annonce préalable avant travaux, que la pompe à chaleur soit dispensée d'autorisation ou non ;
- si un raccordement est engagé, une déclaration de conformité à remettre au canton au plus tard 30 jours avant le début des travaux de raccordement ;
- et, si vous visez une aide financière, un dossier qui doit être arrivé chez l'office cantonal de l'énergie au moins 14 jours avant le premier coup de pioche.
Aucun de ces délais n'est long pris isolément. Additionnés, ils expliquent pourquoi une chaudière qu'on remplace « en urgence » en janvier finit trop souvent par une décision prise sous contrainte. Le détail de chaque procédure figure sur la page consacrée à l'autorisation genevoise et sur la page des subventions.
Les trois erreurs qui font perdre un hiver
Attendre la panne. Une chaudière qui meurt en décembre laisse deux options : le dépannage d'urgence, ou la décision précipitée. Ni l'une ni l'autre n'est un projet. Déposez la demande d'information pendant que votre installation fonctionne encore, quand vous avez le temps de comparer.
Confondre la carte et la réponse. La carte du canton donne une intention de planification pour un secteur ou un bâtiment. La réponse des Services industriels porte sur votre demande. Une régie ou une assemblée acceptera rarement de trancher sur une copie d'écran de carte ; elle tranchera sur un courriel nominatif.
Croire qu'une réponse vaut pour toujours. La planification est mise à jour environ deux fois par an, et les hypothèses de l'exploitant ont été revues à la baisse en mars 2026. Si votre projet a dormi trois ans dans un tiroir, la réponse a vieilli avec lui : elle se redemande.
Ce que vous faites de la réponse
Si elle indique qu'un raccordement est envisageable à un horizon compatible avec l'état de votre installation, la suite consiste à faire chiffrer les deux solutions et à les comparer sur la durée, pas sur le seul prix d'achat. Si elle indique le contraire, ou si l'horizon est trop lointain, vous êtes sur un projet de pompe à chaleur classique et vous pouvez passer à l'étude technique : puissance, emplacement, émetteurs existants, bruit.
Dans les deux cas, versez la réponse au dossier du bâtiment. C'est la pièce qui justifie, plus tard, pourquoi telle solution a été retenue — devant un copropriétaire, devant un acheteur, ou devant un service cantonal.
Quand la déposer
Le bon moment est celui où votre installation actuelle a encore un ou deux hivers devant elle. Pas quand elle est morte. Dans un immeuble, déposez-la avant l'assemblée qui doit voter, pas après : arriver avec une réponse écrite change complètement la discussion, et évite de reporter la décision d'un exercice entier. Si votre chaudière au gaz approche de sa fin de vie, commencez par là plutôt que par les devis — voir Lire : remplacement d'une chaudière à gaz.